Chapitre 15: Retour En Arrière (2/3)
Vers 3 heures du matin, lorsqu'une bonne partie des lumières de la ville furent éteintes et que la plupart des habitants dormaient... Silvia elle avait les yeux parfaitement ouverts... Roberto aussi... Le son de sa voix se fit entendre puis une discussion débuta. Cette discussion qu'attendait Roberto depuis un certain temps, depuis de nombreuses années même.
- Tu es née en Espagne mais vous êtes partis vivre à New York? demanda Roberto en affirmation à Silvia qui se tenait blottie dans ses bras.
- Oui... Lorsque j'avais 4 ans... C'est un peu confus tous ces souvenirs mais je me souviens bien de tout ça... Des milliers de paysages que j'ai pu entrevoir par la vitre de cette grosse voiture que je detestais...
- Celle de ton père?
- Celle qui m'affirmait que je n'allais pas le voir avant des semaines durant... expliqua Silvia. Papa n'était pas un homme très présent et très agréable à vivre... pour tout te dire, je crois qu'il ne m'a jamais vraiment appréciée. Du moins, il en a fait semblant pendant que maman était toujours là.
- Je suis sûr que c'est faux! s'exclama Roberto.
- Il aurait souhaité un quatrième garçon pour clore ses projets auxquels il tenait tant! Une fille, une héritière n'était pas dans ses ambitions!
- Pourtant, une petite fille fait souvent la fierté de son papa...
- Ce n'était pas le cas de Paolo Jauregui! reprit Silvia pleine de rancoeur.Si j'avais pu une seule fois le rendre fier de moi, je l'aurai fait si tu savais... J'aurai tout fait pour obtenir un moindre sourire, ou une caresse de sa part mais je ne suis même pas sûre qu'il y ai fait attention...
- Je suis certain que si Silvia... affirma Roberto en lui caressant les cheveux. Il était probablement trop occupé et dans son coeur, tu occupais une place tout aussi importante que celles qu'occupaient tes trois frères....
- Peut être... déclara t-elle peu convaincue. Seulement, j'aurai souhaité qu'il me le montre... Mais c'est chose inutile désormais!
- Qu'est ce qui s'est passé une fois que vous êtes arrivés à New York?
- Papa voyageait... Maman aussi, mais beaucoup moins... Je t'avais dit qu'elle dansait beaucoup dans des ballets et qu'elle offrait de magnifiques représentations!? s'exclama Silvia nostalgique.
- Oui, je me souviens.
- Nous avons vécu à New York puis elle est tombée malade... sans que nous le sachions... sans que je ne le sache...
- Ton père était au courant? demanda Roberto interessé par les moindres détails de ce récit dont elle lui faisait part.
- Oui, il l'était... Eduardo aussi... Mais elle n'a pas voulu que je sois au courant... Sa guérison était vouée à l'échec et je voyais bien qu'elle était de plus en plus fatiguée. Mais que peut une petite fille de 10 ans face à une telle histoire, face à une telle maladie? Je voulais profiter de ma maman, passer tous les moments avec elle, rire, pleurer... Ma mère était plus qu'une mère pour moi! C'était ma meilleure amie... celle qui n'a jamais cessé de m'aimer et qui a toujours voulu mon bonheur! Elle a disparu un soir d'hiver... J'avais eu 10 ans 2 semaines auparavant... Tout ce dont je me souviens c'est que nous nous sommes promenées au parc et puis qu'elle a voulu rentrer... Elle m'a dit qu'elle était très fatiguée et qu'elle avait besoin de se reposer. Nous sommes rentrées, il n'y avait personne. Papa était parti à une réunion, Eduardo était chez lui... Mes deux frères vaquaient à leurs occupations... Je l'ai embrassée sur la joue comme à mon habitude puis elle m'a dit qu'elle allait dormir un bon moment et qu'il ne fallait pas la déranger... mais que si j'en avais vraiment besoin, je l'appelais. Je l'ai écoutée... Je me suis assise dans ce grand salon que je haissais et puis j'ai pris un livre... je me suis moi aussi endormie... pendant de longues heures j'ai rêvé de différentes choses... d'elle, de papa, d'Eduardo... J'ai été réveillée par des bruits assourdissants, par des cris assourdissants, par des réprimandes de mon père assourdissantes... Je n'aurai jamais du la laisser seule, j'aurai du lui téléphoner et lui dire que maman était si épuisée... j'aurai du alerter des secours... Mais j'avais simplement obei à maman!
Silvia continuait son récit, sa voix s'atténuant peu à peu, prise par les paroles lourdes et les pensées si lugubres qui l'envahissaient. C'était donc ça ces si dures histoires qu'elle n'avait jamais tenu à lui raconter. Il comprenait désormais parfaitement le fait qu'elle n'ai pas tenu à le faire plutôt. Il sentait par moment son coeur battre plus vite, lorsqu'elle prononçait le mot "maman"... Quelques larmes s'étaient échappées des yeux de Silvia; ces larmes que Roberto avait essuyées.
- Puis nous sommes retournés à Madrid et c'est devenu l'enfer... L'enfer parce que maman n'était plus à mes côtés, parce mon père ne m'aimait pas... Il m'a envoyé dans un internat avec des filles que je n'appréciait pas pour la plupart. Je ne voyais jamais personne sauf Eduardo qui venait. C'était très difficile pour lui de s'y rendre. Il est venu à Madrid avec toute sa nouvelle famille, sa femme et son petit garçon... Il travaillait dur, il ne dormait pas la nuit et trouvait encore parfois le temps de m'emmener chez lui le week end.A 16 ans, j'ai eu envie quitter cet internat puis je suis revenue chez papa... J'ai commencé à travailler dans l'entreprise d'Eduardo, malgré mon âge... Je voyais mon père quelques fois... Il me présentait à chaque fois des jeunes hommes dont je me fichais pas mal et auxquels mon père portait un grand interêt!
- C'est à cause de ça que vous ne vous voyez plus désormais? l'interrrogea Roberto comme plongé dans un roman dans lequel il ne parvenait à se défaire.
- Je ne sais pas vraiment... Nous avons eu une grande conversation, ou plutot une grande dispute. A propos de tout je crois, d'une accumulation de toutes ces années...
- Tes 2 autres frères y sont pourquoi dans cette affaire?!
- Je n'en sais vraiment rien non plus si tu savais... La mort de maman nous a tous éloignés et je crois qu'il était tant de faire chacun son chemin! Nous ne nous sommes jamais vraiment entendus tous les trois... et la faute revenait sur moi selon papa! Des efforts, des efforts... j'en avais assez d'en faire des efforts!
- Je te comprends... avoua Roberto l'air compatissant. Mais tu ne penses pas qu'ils tiennent peut être à te revoir à présent... Les temps changent, les années passent, tout s'oublie! Et il est peu probable qu'ils t'aient oubliée, rayée de leur mémoire!
- Si seulement ce que tu disais était vrai! s'exclama Silvia. Si seulement je pouvais leur manquer... C'est affreux de se dire que 3 des personnes censées être les plus importantes de ma vie n'existent plus...
- C'est faux de dire ça Silvia...
- Je le sais... Mais il valait mieux pour moi tirer un trait sur tout ça... Aller de l'avant, faire de nouvelles rencontres qui ont changé mon destin, le cours de ma vie, mon quotidien!
- Sur ce point, je suis tout à fait de ton avis! déclara t-il en souriant. De nouvelles rencontres qui bouleversent votre destin... on en fait pas souvent!
- Presque jamais même! Cette personne s'installe complètement dans votre vie, dans votre espace, dans votre esprit et vous ne parvenez pas à l'en retirer tellement elle est importante! Vous essayez parfois mais son visage, sa façon d'être, quelques traits de son caractère vous absorbent!
- Et vous en êtes fou à lier! Vous l'aimez, souhaitez simplement son bonheur aux risques parfois de l'en priver! Mais cette personne ne cesse jamais de vous aimer et de vous hanter... termina Roberto d'une voix qui s'atténuait peu à peu. Elle dort a vos côtés la nuit, vous sourit le jour, son parfum, son visage... A vous en couper le souffle!
Silvia ferma délicatement les yeux, guidée par le son soudain lointain de la voix de Roberto. Elle se laissa aller dans ses rêves, le sommeil l'envahissant peu à peu. Elle venait de franchir une grande étape, qu'elle enjamba rapidement... Puis se retrouva dans les nuages, une étoile dans sa main, Roberto à ses côtés lui murmurant quelques paroles à l'oreille: "Bonne nuit princesse".
- Tu es née en Espagne mais vous êtes partis vivre à New York? demanda Roberto en affirmation à Silvia qui se tenait blottie dans ses bras.
- Oui... Lorsque j'avais 4 ans... C'est un peu confus tous ces souvenirs mais je me souviens bien de tout ça... Des milliers de paysages que j'ai pu entrevoir par la vitre de cette grosse voiture que je detestais...
- Celle de ton père?
- Celle qui m'affirmait que je n'allais pas le voir avant des semaines durant... expliqua Silvia. Papa n'était pas un homme très présent et très agréable à vivre... pour tout te dire, je crois qu'il ne m'a jamais vraiment appréciée. Du moins, il en a fait semblant pendant que maman était toujours là.
- Je suis sûr que c'est faux! s'exclama Roberto.
- Il aurait souhaité un quatrième garçon pour clore ses projets auxquels il tenait tant! Une fille, une héritière n'était pas dans ses ambitions!
- Pourtant, une petite fille fait souvent la fierté de son papa...
- Ce n'était pas le cas de Paolo Jauregui! reprit Silvia pleine de rancoeur.Si j'avais pu une seule fois le rendre fier de moi, je l'aurai fait si tu savais... J'aurai tout fait pour obtenir un moindre sourire, ou une caresse de sa part mais je ne suis même pas sûre qu'il y ai fait attention...
- Je suis certain que si Silvia... affirma Roberto en lui caressant les cheveux. Il était probablement trop occupé et dans son coeur, tu occupais une place tout aussi importante que celles qu'occupaient tes trois frères....
- Peut être... déclara t-elle peu convaincue. Seulement, j'aurai souhaité qu'il me le montre... Mais c'est chose inutile désormais!
- Qu'est ce qui s'est passé une fois que vous êtes arrivés à New York?
- Papa voyageait... Maman aussi, mais beaucoup moins... Je t'avais dit qu'elle dansait beaucoup dans des ballets et qu'elle offrait de magnifiques représentations!? s'exclama Silvia nostalgique.
- Oui, je me souviens.
- Nous avons vécu à New York puis elle est tombée malade... sans que nous le sachions... sans que je ne le sache...
- Ton père était au courant? demanda Roberto interessé par les moindres détails de ce récit dont elle lui faisait part.
- Oui, il l'était... Eduardo aussi... Mais elle n'a pas voulu que je sois au courant... Sa guérison était vouée à l'échec et je voyais bien qu'elle était de plus en plus fatiguée. Mais que peut une petite fille de 10 ans face à une telle histoire, face à une telle maladie? Je voulais profiter de ma maman, passer tous les moments avec elle, rire, pleurer... Ma mère était plus qu'une mère pour moi! C'était ma meilleure amie... celle qui n'a jamais cessé de m'aimer et qui a toujours voulu mon bonheur! Elle a disparu un soir d'hiver... J'avais eu 10 ans 2 semaines auparavant... Tout ce dont je me souviens c'est que nous nous sommes promenées au parc et puis qu'elle a voulu rentrer... Elle m'a dit qu'elle était très fatiguée et qu'elle avait besoin de se reposer. Nous sommes rentrées, il n'y avait personne. Papa était parti à une réunion, Eduardo était chez lui... Mes deux frères vaquaient à leurs occupations... Je l'ai embrassée sur la joue comme à mon habitude puis elle m'a dit qu'elle allait dormir un bon moment et qu'il ne fallait pas la déranger... mais que si j'en avais vraiment besoin, je l'appelais. Je l'ai écoutée... Je me suis assise dans ce grand salon que je haissais et puis j'ai pris un livre... je me suis moi aussi endormie... pendant de longues heures j'ai rêvé de différentes choses... d'elle, de papa, d'Eduardo... J'ai été réveillée par des bruits assourdissants, par des cris assourdissants, par des réprimandes de mon père assourdissantes... Je n'aurai jamais du la laisser seule, j'aurai du lui téléphoner et lui dire que maman était si épuisée... j'aurai du alerter des secours... Mais j'avais simplement obei à maman!
Silvia continuait son récit, sa voix s'atténuant peu à peu, prise par les paroles lourdes et les pensées si lugubres qui l'envahissaient. C'était donc ça ces si dures histoires qu'elle n'avait jamais tenu à lui raconter. Il comprenait désormais parfaitement le fait qu'elle n'ai pas tenu à le faire plutôt. Il sentait par moment son coeur battre plus vite, lorsqu'elle prononçait le mot "maman"... Quelques larmes s'étaient échappées des yeux de Silvia; ces larmes que Roberto avait essuyées.
- Puis nous sommes retournés à Madrid et c'est devenu l'enfer... L'enfer parce que maman n'était plus à mes côtés, parce mon père ne m'aimait pas... Il m'a envoyé dans un internat avec des filles que je n'appréciait pas pour la plupart. Je ne voyais jamais personne sauf Eduardo qui venait. C'était très difficile pour lui de s'y rendre. Il est venu à Madrid avec toute sa nouvelle famille, sa femme et son petit garçon... Il travaillait dur, il ne dormait pas la nuit et trouvait encore parfois le temps de m'emmener chez lui le week end.A 16 ans, j'ai eu envie quitter cet internat puis je suis revenue chez papa... J'ai commencé à travailler dans l'entreprise d'Eduardo, malgré mon âge... Je voyais mon père quelques fois... Il me présentait à chaque fois des jeunes hommes dont je me fichais pas mal et auxquels mon père portait un grand interêt!
- C'est à cause de ça que vous ne vous voyez plus désormais? l'interrrogea Roberto comme plongé dans un roman dans lequel il ne parvenait à se défaire.
- Je ne sais pas vraiment... Nous avons eu une grande conversation, ou plutot une grande dispute. A propos de tout je crois, d'une accumulation de toutes ces années...
- Tes 2 autres frères y sont pourquoi dans cette affaire?!
- Je n'en sais vraiment rien non plus si tu savais... La mort de maman nous a tous éloignés et je crois qu'il était tant de faire chacun son chemin! Nous ne nous sommes jamais vraiment entendus tous les trois... et la faute revenait sur moi selon papa! Des efforts, des efforts... j'en avais assez d'en faire des efforts!
- Je te comprends... avoua Roberto l'air compatissant. Mais tu ne penses pas qu'ils tiennent peut être à te revoir à présent... Les temps changent, les années passent, tout s'oublie! Et il est peu probable qu'ils t'aient oubliée, rayée de leur mémoire!
- Si seulement ce que tu disais était vrai! s'exclama Silvia. Si seulement je pouvais leur manquer... C'est affreux de se dire que 3 des personnes censées être les plus importantes de ma vie n'existent plus...
- C'est faux de dire ça Silvia...
- Je le sais... Mais il valait mieux pour moi tirer un trait sur tout ça... Aller de l'avant, faire de nouvelles rencontres qui ont changé mon destin, le cours de ma vie, mon quotidien!
- Sur ce point, je suis tout à fait de ton avis! déclara t-il en souriant. De nouvelles rencontres qui bouleversent votre destin... on en fait pas souvent!
- Presque jamais même! Cette personne s'installe complètement dans votre vie, dans votre espace, dans votre esprit et vous ne parvenez pas à l'en retirer tellement elle est importante! Vous essayez parfois mais son visage, sa façon d'être, quelques traits de son caractère vous absorbent!
- Et vous en êtes fou à lier! Vous l'aimez, souhaitez simplement son bonheur aux risques parfois de l'en priver! Mais cette personne ne cesse jamais de vous aimer et de vous hanter... termina Roberto d'une voix qui s'atténuait peu à peu. Elle dort a vos côtés la nuit, vous sourit le jour, son parfum, son visage... A vous en couper le souffle!
Silvia ferma délicatement les yeux, guidée par le son soudain lointain de la voix de Roberto. Elle se laissa aller dans ses rêves, le sommeil l'envahissant peu à peu. Elle venait de franchir une grande étape, qu'elle enjamba rapidement... Puis se retrouva dans les nuages, une étoile dans sa main, Roberto à ses côtés lui murmurant quelques paroles à l'oreille: "Bonne nuit princesse".
Comme prévu, comme Solène vous l'avait promis, la suite est là :)
Bonne lecture à tous et à toutes!
On espère que So passe déjà de bonnes vacances, on pense très fort à elle <3
Bonne lecture à tous et à toutes!
On espère que So passe déjà de bonnes vacances, on pense très fort à elle <3

